Qui sommes-nous ?

Yêrê est développé par l’association loi 1901 « Marronnages – Expérimentations et Réflexions pour une Économie Conviviale », née en 2010 dans le Haut Diois (Drôme).

 

Marrons comme… le chocolat?

Eh non! Marrons comme les Nègres Marrons!

Le nom de l’association fait référence aux communautés de noirs « Marrons » fondées dans les montagnes, marais et forêts d’Amérique par des esclaves ayant fui les propriétés de leurs maîtres pour vivre en liberté, libérer si possible leurs semblables et combattre leurs anciens oppresseurs, s’autogouvernant selon leurs us et coutumes traditionnels et inventés pour l’occasion. (Ce gouvernement n’était pas forcément démocratique et certaines communautés ont pacté avec l’oppresseur, certains Marrons devenant même chasseurs d’esclaves.)

N’ayant pas de projet « communautaire » basé sur l’autonomie territoriale, l’auto-gouvernement et la guerre de guérilla, nous gardons du terme « marronnage »  l’idée d’invention et de réinvention de pratiques créatrices d’autonomie individuelle et collective, à la marge d’un système dominant où les logiques d’hétéronomie et d’individualisme prédominent, et en résistance contre lui.

 

Convivial comme… un goûter entre amis autour d’une bonne tasse de chocolat chaud?

Encore perdu! Convivial comme… Ivan Illich, cet austère prêtre défroqué, penseur de l’écologie politique et critique de la société industrielle.

Lorsqu’un outil (un moyen technique ou une institution) atteint un seuil d’efficacité « industrielle », un effet pervers apparaît, celui de la contre-productivité: par exemple, l’automobile, symbole de vitesse, fait perdre du temps et ne déplace son propriétaire qu’à la vitesse de 6 km/ h, s’il faut compter non seulement les heures passées dans les embouteillages, mais aussi à travailler pour l’acquérir, l’entretenir et financer les routes. Les outils industriels créent un monopole radical et empêchent l’accès aux moyens plus lents de réalisation d’une fin, comme les autoroutes vis-à-vis de la marche à pied. L’outil industriel est aliénant parce qu’il prive l’individu de son autonomie, de son savoir-faire et lui dicte ses besoins.

Pour être convivial, l’outil ne doit pas créer d’inégalité, il doit renforcer l’autonomie de chacun et il doit accroître le champ d’action de chacun sur le réel. L’outil convivial, qu’Illich oppose à la machine, accepte plusieurs utilisations, parfois détournées du sens originel, et permet donc l’expression libre de celui qui l’utilise. Avec une machine, l’Homme devient serviteur, son rôle se limitant désormais à faire fonctionner une machine construite dans un but précis. La bicyclette est un exemple d’outil convivial, qui décuple la force de son utilisateur, ne coûte pas cher, se répare facilement et permet de sortir des routes goudronnées.

Et si la prochaine fois que vous deviez expliquer le concept d’outil convivial, vous utilisiez l’exemple du chocolat (Yêrê) à la place de celui de l’automobile et de la bicyclette?

 

Incarner ces concepts par des expérimentations économiques et des réflexions: les statuts de Marronnages

Marronnages est une association dirigée par un Conseil Collégial.

Elle a pour objet de promouvoir une société conviviale orientée vers l’autonomie et la solidarité à l’échelle locale et globale :

  • la convivialité, pour recréer ou revaloriser des outils, des institutions et des savoir-faire maîtrisés quant à leurs effets écologiques et sociétaux, dont le coût et la complexité ne poussent pas vers la dépendance, la concentration et le monopole ;
  • l’autonomie matérielle et politique, pour que l’Homme, à travers les collectivités dans lesquelles il s’inscrit, ait la capacité de choisir les contraintes associées à la satisfaction de ses besoins et de décider en connaissance de cause des règles et des institutions nécessaires au vivre ensemble ;
  • la solidarité, pour que ces différentes collectivités locales interdépendantes de fait (mondialisation des problèmes économiques, politiques et environnementaux oblige) tissent des liens de réciprocité et de coopération pour promouvoir le bien commun.

 

Pour cela, l’association se donne pour but de :

  • Porter des expérimentations économiques créatrices d’emplois ou de valeur ajoutée, réalisations modestes et perfectibles, mais viables et reproductibles, dans les domaines de:

– la production (en particulier, mais pas seulement, les techniques conviviales pour l’agriculture, l’artisanat, l’habitat, l’énergie, etc.),

– l’échange (en particulier, mais pas seulement, les filières commerciales équitables au Nord et au Sud, les circuits courts, le transfert de savoirs), et
– la consommation (en particulier, mais pas seulement, les groupements d’achats, les Systèmes d’Echanges Locaux, la restauration autour de produits locaux, biologiques et équitables),

  • Produire et diffuser des réflexions qui se nourrissent de ces expérimentations et qui les nourrissent, dans une démarche d’éducation populaire.
  • Développer en France et à l’étranger toute activité concourant à ces buts : l’achat, la vente et la location de biens ; la restauration ; la production et l’édition de supports culturels et pédagogiques ; l’organisation d’activités culturelles, de chantiers, de rencontres ou de voyages d’échange ; la formation ; la prestation de services ; la réalisation d’études et de recherches, etc.